Example of dynamic news upscroller
   Variabilité et Changements Climatiques au Mali, (AEDD,2011b)
 
 
Climat actuel et évolution passée

L`évolution du climat au Mali s`est traduite durant les 50 dernières années par :

  • Une décroissance régulière de la quantité de pluie, et une grande variation spatio-temporelle : 20% de moins en précipitions en 1971-2000   par rapport à 1951-1970 avec un déplacement de 200 Km vers le sud des isohyètes (MEA, 2010) ;
  • Des lignes de grain caractéristiques du Sahel axées du Nord au Sud sur une distance de 500 à 750 Km s’accompagnant souvent de vents forts et de pluies abondantes parfois catastrophiques ;
  • Une augmentation des températures du Sud-Ouest vers le Nord-Est avec des maximales relevées au cours de l’année pouvant atteindre ou dépasser les 45°C tandis que les minimales sont rarement en dessous de 10°C ;
  • De fortes valeurs de l’évapotranspiration potentielle (ETP) en raison des températures élevées, des humidités relatives faibles et des vents forts ;
  • La persistance de larges épisodes de sécheresses à partir des années 1970 entraînant des déficits pluviométriques assez importants durant certaines années .
 
Températures

Les données disponibles de températures relevées en Afrique de l’Ouest, et particulièrement dans le Sahel, indiquent un réchauffement plus rapide que la tendance mondiale, avec des augmentations allant de 0,2°C à 0,8°C depuis la fin des années 70 (CEDEAO, 2009a)

 
Pluviométrie

Les conditions climatiques de l’Afrique de l’Ouest, de sa partie sahélienne en particulier, connaissent des variations chroniques et de grande ampleur, surtout depuis le début des années 1970.La région a connu une rupture nette des séries pluviométriques et hydrométriques autour des années 1968-1972, avec 1970 comme année charnière. La baisse de la pluviométrie moyenne avant et après 1970 va d’environ 15% à plus de 30% selon la zone (20% pour le Mali). Cette situation a comme conséquence le glissement des isohyètes d’environ 200 km vers le sud.

 

Indice de variation de la pluviométrie annuelle dans les hautes latitudes arides
et semi-arides, Afrique de l’Ouest. (Onibon, 2001) , (ANDREINI, M; N. van de GIESEN, et. al. 2000)

 

Le Mali a connu une chute globale de sa pluviométrie au cours des dernières décennies. Pour l’ensemble du pays, on peut noter entre 1921 et 2001 trois périodes (Figures ci dessous) :

  • De 1921 à 1940, la pluviométrie a été caractérisée par une moyenne voisine de 700 mm avec une tendance à la baisse vers 1941 ;
  • De 1941 à 1971, il a été constaté une moyenne pluviométrique inférieure à celle des deux décades précédentes mais passant par un maximum vers les années 1955.
De 1971 jusqu`aux années 2000 où la tendance à la baisse a continué pour connaitre un minimum de 400 mm les 1980.

Depuis l`an 2000, on a noté une alternance de périodes humides et de périodes sèches avec un niveau de précipitations qui reste cependant faible devant celui des années 60 ou des années 30.

 

Évolution de la pluviométrie au Sahel – Mali(STP/CIGQE,2008)

 

Cartes de la Pluviométrie annuelle moyenne

Événements extrêmes

D’après le rapport du GIEC 2007, les événements climatiques extrêmes ont changé en fréquence et/ou en intensité au cours des 50 dernières années. En Afrique de l’Ouest, des inondations dévastatrices, des sècheresses, des tempêtes, des changements soudains de températures, se sont produits de façon répétée.

Les événements climatiques dont la fréquence et l`intensité ont particulièrement augmenté ces dernières décennies au Mali sont :

  • Les sécheresses ;
  • Les inondations ;
  • Les vents forts et vents de sable ;
  • De fortes variations de températures.
 
Perspectives du Climat en relation avec les changements Climatiques
Températures 

Le rapport du GIEC de 2007 prévoit pour l’Afrique de l’Ouest, et selon les projections, une augmentation moyenne de la température entre 1980/99 et 2080/99 se situant entre 3°C et 4°C , soit plus de 1,5 fois le taux moyen mondial de réchauffement prévu.

La figure 8 indique qu`au Mali le réchauffement serait présent et du même ordre de grandeur durant les différentes saisons avec un léger plus pendant la période humide. Ce réchauffement serait aussi plus important dans le nord, nord ouest du Mali que dans la partie sud.

Moyenne de changement de température annuel prédit pour le continent africain
entre 1980 à 1999 et 2080 à 2099, moyenne obtenue à partir de 21 modèles

(Christensen, et al., 2007)

DJF = Décembre, Janvier, Février, JJA = Juin, Juillet, Août.

Les scenarios climatiques élaborés par le Mali en 2003 (ME et MEd, 2003a) ont permis de confirmer ces prévisions. En effet, ces scénarios prévoient que si pour la période 1961-1990, la température moyenne maximale était de 30,5°C avec 50% d’occurrence d’avoir des températures supérieures à cette moyenne, en 2050, la température moyenne maximale serait de 32,5°C et l’occurrence des températures supérieures à cette valeur serait de 40%, et en 2100, la température moyenne maximale serait de 34,5°C et l’occurrence des températures supérieures à cette valeur serait de 36%.

 
Pluviométrie

Les projections climatiques relatives à la précipitation sont encore incertaines pour l’Afrique de l’Ouest. Les modèles ne montrent pas de conclusions nettes en ce qui concerne la pluviométrie en Afrique de l’Ouest en dessous des 15° nord. En réalité, les modèles ne concordent pas – toutefois une simple moyenne de tous les scénarii suggère une légère humidification dans la région du Sahel et aucun changement réel le long de la côte de Guinée.

Pour le Mali, la moyenne des résultats des différents modèles donnée par la figure 9, indique plutôt une variation nulle à une humidification de moins de 5% (insignifiante) pour 2080-2099 par rapport à 1980 - 1999.

Outre le niveau moyen des précipitations, leurs distributions spatiales et temporelles pourraient connaitre des changements significatifs dans la région avec des impacts importants. Notons que déjà au cours des dernières années, le début/la fin des saisons pluvieuses au Mali sont devenus de moins en moins prévisibles pour les paysans : Les années 50 la période humide était de 5 mois, elle est aujourd’hui plutôt de 3 à 4 mois (raccourcissement du cycle d’hivernage).

Moyenne annuelle projetée des changements dans les précipitations sur le continent africain
de 1980 à 1999 et de 2080 à 2099, moyenne obtenue à partir de 21 modèles
(
Christensen, et al. 2007).

DJF = Décembre, Janvier, Février, JJA = Juin, Juillet, Août.

Les scenarios climatiques élaborés par le Mali en 2003 (ME et MEd, 2003a) ont permis de proposer des possibilités d`évolution des précipitations au Mali pour 2050. Pour toutes les régions, on assisterait, selon ces estimations, à une diminution de la pluviométrie entre 5% et 10% en 2050 par rapport au niveau de 1960-1990. Dans le scénario climatique élaboré, une situation de sécheresse serait constatée sur la première moitié de l’hivernage (mois de mai, juin et juillet) à partir de l’horizon 2025 sur toutes les stations de la zone d’étude pour une sensibilité climatique moyenne.

Aussi pour le Mali, tenant compte des connaissances actuelles, on peut raisonnablement considérer que le niveau des précipitations sera inchangé à légèrement plus faible durant les décennies à venir ,avec une limitation de la durée de la période des pluies et des poches de sécheresses fréquentes.
 
Événements extrêmes

Il est difficile aujourd’hui, considérant le niveau de connaissance actuel limité sur ces événements extrêmes et leur relation potentielle avec les CC , de se prononcer avec précision sur le devenir de ces événements extrêmes au Mali . On peut noter cependant et à titre indicatif que certains travaux d`experts prédisent pour l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO,2009a):

  • une augmentation générale de fortes pluies ;
  • une augmentation du nombre de saisons extrêmement humides (une fois tous les vingt ans à la fin du 20e siècle, une fois tous les cinq ans dans le prochain siècle) ;
  • Une augmentation possible de la fréquence et la gravité des inondations, des sècheresses et autres événements extrêmes.
 


visites